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Journal d'Emmanuelle
12 August 2007 @ 01:26 am
24 October 2006 @ 04:35 am
12 August 2006 @ 12:56 pm
S. m'informe que pour les 10 ans de "Meuse / Retour" il a diffusé sur Radio FAJET à Nancy la musique que lui et D. avaient joué sur Meuse FM en guise de fonds sonores pour les lectures de mes textes. Un souvenir étrange, ce week-end. J'ai fouillé dans mes vieux journaux de l'époque - mes journaux intime - et ai retrouvé ce passagé là

12 Août 1996
Dix-neuf heures, nous arrivons aux studios de Meuse FM avec du retard, Amandine en pleurs, ne comprenant pas l’agitation autour d’elle, le léger énervement ; il a plu tout le trajet, on aurait dit qu’il allait faire nuit tant les nuages étaient noirs, menaçants. Un temps d’hiver que je n’ai pu m’empêcher de ressentir comme un message – mais de quel ordre ? La campagne détrempée, la brume, les forêts que nous avons traversées m’ont fait penser à ce film vu avec Seif, il y a quelques semaines, La Compagnie des loups. L’impression d’être dans un décor de conte de fées, mais un conte de fées sombre, désespéré. J’étais gaie pourtant en arrivant à Bar le duc, les retrouvailles avec S. et D. chaleureuses comme toujours, Amandine intimidée, qui ne les avait jamais vu… Le temps de boire un café en ville (et quelle ville déserte ! je ne crois pas que nous ayons croisé le moindre passant) et nous nous sommes mis en route pour Verdun.
Rencontre avant l’émission, avec le personnel de la radio, pour un petit « pot de l’amitié » – une équipe courtoise, un peu impressionnée, je me demande pourquoi, un peu amateur, aussi, rien à voir avec l’Atelier de Création Radiophonique où a travaillé S. auparavant. Mais j’aime autant. Le directeur : barbe fournie, chandail, la pipe à la bouche. Paternel. Quelques regards appuyés sur mon pull quand même… S. et D. ont installé eux-même le matériel – assez minimal il est vrai – pendant que je l’écoutais me raconter l’histoire de la radio, leur mille et une difficultés quotidiennes et les petites mesquineries du milieu, en sirotant mon gobelet en plastique de mousseux.
Puis on s’est installé, seuls dans la salle d’enregistrement, assis tous les trois à une même table, face à la vitre par laquelle on pouvait voir le technicien et le directeur. Je me suis demandé un instant ce que je faisais là – je n’étais même pas sensée lire mes textes, ni être interviewée ensuite, je ne participais pas non plus à la musique ; je me suis sentie comme une intruse, inutile, grotesque dans mon rôle « d’écrivain » de service. Mais la voix de D. m’a vite absorbée. Je n’aurais pas mieux lu que lui. Il avait une table de mixage sous les mains, avec laquelle il contrôlait le volume des bruitages – essentiellement des sons de pluie et de fréquences radio – tout en lisant ; ça m’impressionnait. S. lui intervenait au synthétiseur, par moment. Sa musique, qu’il ne m’avait pas fait écouter avant, était presque trop sombre pour ce que mes deux nouvelles racontaient, mais elle « collait » avec mon humeur, avec le froid et la pluie du dehors, avec la tristesse inexplicable qui planait sur nous.
Je doute que beaucoup de gens nous aient entendu, ce soir. Mais peu importe.
12 Août 1996
Dix-neuf heures, nous arrivons aux studios de Meuse FM avec du retard, Amandine en pleurs, ne comprenant pas l’agitation autour d’elle, le léger énervement ; il a plu tout le trajet, on aurait dit qu’il allait faire nuit tant les nuages étaient noirs, menaçants. Un temps d’hiver que je n’ai pu m’empêcher de ressentir comme un message – mais de quel ordre ? La campagne détrempée, la brume, les forêts que nous avons traversées m’ont fait penser à ce film vu avec Seif, il y a quelques semaines, La Compagnie des loups. L’impression d’être dans un décor de conte de fées, mais un conte de fées sombre, désespéré. J’étais gaie pourtant en arrivant à Bar le duc, les retrouvailles avec S. et D. chaleureuses comme toujours, Amandine intimidée, qui ne les avait jamais vu… Le temps de boire un café en ville (et quelle ville déserte ! je ne crois pas que nous ayons croisé le moindre passant) et nous nous sommes mis en route pour Verdun.
Rencontre avant l’émission, avec le personnel de la radio, pour un petit « pot de l’amitié » – une équipe courtoise, un peu impressionnée, je me demande pourquoi, un peu amateur, aussi, rien à voir avec l’Atelier de Création Radiophonique où a travaillé S. auparavant. Mais j’aime autant. Le directeur : barbe fournie, chandail, la pipe à la bouche. Paternel. Quelques regards appuyés sur mon pull quand même… S. et D. ont installé eux-même le matériel – assez minimal il est vrai – pendant que je l’écoutais me raconter l’histoire de la radio, leur mille et une difficultés quotidiennes et les petites mesquineries du milieu, en sirotant mon gobelet en plastique de mousseux.
Puis on s’est installé, seuls dans la salle d’enregistrement, assis tous les trois à une même table, face à la vitre par laquelle on pouvait voir le technicien et le directeur. Je me suis demandé un instant ce que je faisais là – je n’étais même pas sensée lire mes textes, ni être interviewée ensuite, je ne participais pas non plus à la musique ; je me suis sentie comme une intruse, inutile, grotesque dans mon rôle « d’écrivain » de service. Mais la voix de D. m’a vite absorbée. Je n’aurais pas mieux lu que lui. Il avait une table de mixage sous les mains, avec laquelle il contrôlait le volume des bruitages – essentiellement des sons de pluie et de fréquences radio – tout en lisant ; ça m’impressionnait. S. lui intervenait au synthétiseur, par moment. Sa musique, qu’il ne m’avait pas fait écouter avant, était presque trop sombre pour ce que mes deux nouvelles racontaient, mais elle « collait » avec mon humeur, avec le froid et la pluie du dehors, avec la tristesse inexplicable qui planait sur nous.
Je doute que beaucoup de gens nous aient entendu, ce soir. Mais peu importe.
07 March 2006 @ 01:17 am
Petite séance de maquillage et de "mise en beauté" comme on dit, ce soir, avant d'aller au restaurant avec quelques collègues.
J'ai un article qui sera publié dans La Revue Littéraire - une critique du très bon Bardo or not Bardo de Volodine. Un petit chef-d'œuvre dont S. (de Meuse... pas mon S., enfin mon ex S. ...) me dit qu'il a été en grande partie composé de pièces radiophoniques réadaptées pour l'écrit. Soit. Il prétend vouloir adapter des passages, musicalement ; il m'a fait écouter quelques ébauches au téléphone, pour le peu que j'ai entendu ça avait l'air d'être un bon cru, mais je ne vois pas trop le rapport entre son univers à lui et ceux de Volodine, ceci dit...
30 September 2004 @ 01:12 am
Je n'ai pas vu l'été passer. Amandine en vacances chez sa grand-mère, puis chez S.
Soirées seule, télé, bouquins. Trop de vin. Heureusement les filles m'appellent souvent. Souvent aussi je reste simplement sur le balcon, j'écoute le vent, il y en a toujours beaucoup ici, il passe dans les feuilles et c'est un son doux qui me berce. Je restais parfois des soirées avec S. comme ça, à moitié nus, à moitié ivres, assise sur lui avec juste un T-shirt. Sa peau contre la mienne, ses cuisses contre les miennes.
Coup de fil de la Meuse. Papotages anodins. Juste le bon vieux temps.
02 July 2004 @ 12:56 am
Et j'aime toujours autant les rues de ma ville, aux heures où il n'y a personne dehors...
18 June 2004 @ 12:51 am
Engagée à la librairie Ombres Blanches - un CDD, certes, mais c'est mieux que rien. Je retrouve cette ivresse que procure la fréquentation des livres ; une sorte de vertige, qui vient au bout de quelques minutes, quelques heures, quelques jours. On aimerait tous les lire. On aimerait passer ses journées entières à les ouvrir, y picorer quelques mots, quelques images, passer de l'un à l'autre, ne plus vivre que pour et par les auteurs, leurs rêves à eux, leurs vies à eux, leur discours sur le monde, leurs personnages. Une vie entière de lecture, à vivre une infinité de vies par procuration.
Fait l'amour avec P... hier. Cela faisait si longtemps. Si longtemps...
Fait l'amour avec P... hier. Cela faisait si longtemps. Si longtemps...
16 May 2004 @ 08:53 pm
S. est parti définitivement ce matin ; je l'ai accompagné à l'aéroport, on ne s'est presque pas dit un mot. Amandine ne comprenait pas vraiment ce qui était en train de se passer.
Rentrée à l'appartement, sieste, longue douche - me laver de tout ça.
Il va falloir construire les bases d'une nouvelle vie maintenant.
Rentrée à l'appartement, sieste, longue douche - me laver de tout ça.
Il va falloir construire les bases d'une nouvelle vie maintenant.
